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Le MRC écrit au Gouverneur de la Région du Sud pour dénoncer des menaces graves qui pèsent sur ses militants du SUD

Le MRC écrit au Gouverneur de la Région du Sud pour des menaces graves qui pèsent sur ses militants du SUD

Objet : Dénonciation de l’attitude anti républicaine et anti démocratique de certaines élites de la Région du Sud

Monsieur,

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun – MRC - est un parti légalisé par les autorités compétentes de l’État. Il est un parti attaché au respect des lois, des instituions, ainsi que de ceux qui les incarnent. Il prône l’acceptation de la différence politique et le changement dans la paix et par les urnes. Cette vision est au cœur de l’idéologie qui organise la formation politique de ses militants.

Dans son travail politique de terrain engagé dans la Région du SUD, le MRC explique aux populations qu’elles ne sauraient être comptables du bilan politique d’un régime dont les membres sont issus de toutes les régions du pays. Ce message trouve un écho favorable parmi elles. Malgré cette posture républicaine du MRC, certaines élites considèrent comme une provocation l’intérêt de notre parti pour nos compatriotes de la Région du Sud.


A Mvomeka’a, à Meyomessala, à Akom II, à Nkolandom, à Zoétélé et à Ebolowa par exemple, certains militants du parti au pouvoir, d’après leurs dires sur instructions des élites locales, estimant que leur village était fermé à toute opposition politique en raison de leur loyauté au président de la République qui est leur « frère », ont adopté une posture publique parfois guerrière vis-à-vis de nos militants.

Dans la Mvila, une grande élite, membre du gouvernement en fonction qui estimait, à tort, que l’entrée politique et pourtant pacifique et républicaine du MRC dans son village était un sacrilège voire un affront a proféré des menaces en langue bulu, le 26 mai 2017, sur les ondes de la station régionale du Sud du poste national. De manière précise, considérant le dynamisme politique du Départemental du MRC monsieur EVINA ONGOTTO Narcisse à Nkolandom et plus généralement dans la Mvila comme une provocation, cette élite déclarait à son intention : «Ma vini ebiasse; ngue obiasse ma me liti wa» c’est-à-dire, «je n’aime pas le mépris, si quelqu’un me méprise je le traite».  

Cette menace publique a libéré l’instinct belliciste de certains militants de base du RDPC qui depuis lors se sont lancés dans une escalade très dangereuse pour la paix dans notre pays. Ainsi, dans le village d’Azem, le responsable de la sous-section du RDPC monsieur EVINA ENDEZOUM par ailleurs directeur de l’École publique, a procédé publiquement à la destruction à l’aide des ciseaux, de T-shirt du MRC en même temps qu’il proférait de menaces graves contre quiconque du village s’aventurerait à suivre le MRC.

En date du 14 juin 2017, monsieur MENGUELE Roger de Nkolandom a pour sa part affirmé au cours d’un appel à partir du téléphone numéro 67344502 que, sur instruction de monsieur le ministre de l’Enseignement Supérieur, notre Secrétaire de la Fédération Départementale de la Mvila était interdit de séjour dans leur village au risque de se faire molester voir tuer. Le MRC a porté ces graves faits à l’attention de monsieur le ministre par l’intermédiaire d’un de ses très proches collaborateurs mais il n’a toujours pas reçu en retour un quelconque message de clarification ni d’apaisement.

Pour avoir adhéré au projet républicain du MRC, monsieur EVINA ONGOTTO Narcisse, qui a courageusement résisté aux valises de billets qui lui sont chaque jour proposés afin qu’il renonce à son adhésion, est aujourd’hui, tout comme sa famille d’ailleurs, soumis à des coups de fils anonymes nocturnes réguliers mais également à des menaces de mort publiques. En guise d’exemple, monsieur ENDOM ONGOUTTOU Yannick, du village Azem, n’a pas hésité à menacer, devant un inspecteur de police, de donner la mort, pour des raisons politiques, à monsieur EVINA.

Comment des élites, certes minoritaires dans la Région, peuvent prétendre que leur village ne saurait être politiquement violé par le MRC alors qu’ils parcourent joyeusement et en clamant le « vivre ensemble » les villages d’autres Camerounais pour faire la promotion de leur parti, le RDPC.


Monsieur le Gouverneur, notre pays est à un an d’une série d’élections locales et nationales importantes. Vous avez le privilège de représenter l’État dans la Région du Sud aussi. Le MRC est convaincu que vous pouvez, dès à présent, tirer les leçons de cette attitude anti républicaine et anti démocratique de certaines élites de la Région pour anticiper sur les risques graves de menaces à la paix et au « vivre ensemble » qui pèsent sur les prochaines joutes électorales dans votre unité de commandement.

Vous nous avez déjà donné les gages de votre posture républicaine en nous permettant de prendre part au défilé du 20 mai 2017, alors que pour certains, le MRC devait être exclu de la parade dans le Région natale du président de la République. Au-delà des principes républicains que le MRC enseigne à ses militants, conscient des dérives tribalistes que certaines élites agitent pour décourager tout engagement du MRC, ses militants, eux-mêmes originaires de la Région, mettent un point d’honneur à respecter les lois, toutes les autorités et surtout évitent toute attitude et propos susceptibles d’être considérés comme provocateurs. Nos militants de la Région du Sud sont mobilisés. Cependant, ils ont besoin d’être rassurés que dans leur Région, leurs villes et villages, ils peuvent, comme d’autres Camerounais des autres Régions, jouir de leur liberté d’adhérer au parti de leur choix et soutenir leur leader sans courir le risque d’être ostracisés par des individus qui les traitent de « traîtres aux intérêts de la tribu »  et qui surtout les menacent  publiquement et impunément de mort sur instructions, prétendent-ils, de quelques élites.

Le MRC, qui reste convaincu que le jeu démocratique repose sur le respect des convictions de l’adversaire, ne souhaite pas une judiciarisation de la vie politique. Aussi préfère-t-il, pour l’instant, porter à votre haute attention ces dérives regrettables que du haut de votre autorité vous pouvez encore endiguer.

Dans l’espoir que vous partagerez la grave préoccupation qui est celle du MRC, recevez, Monsieur le Gouverneur, nos respectueuses et républicaines salutations.

Pour le Secrétaire National et P.O.
Alain FOGUE TEDOM,
SNA-Finances, Trésorier National


Ampliations :

  • Monsieur le Président de la République et principale élite du Sud ;
  • Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
  • DGSN ;
  • SED ;
  • Monsieur le Procureur Général de la Cour d’Appel du Sud ;
  • Monsieur le Représentant Résident du CNUDHD – AC ;
  • CNDHL ;


Copies :

  • Monsieur le Ministre Jacques FAME NDONGO ;
  • Secrétaire Général du Comité Central du RDPC.