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Lancement d'une pétition nationale pour la modification consensuelle du code électoral

Conférence de Presse MRC du 04/02/2016 à Douala
Lancement d'une pétition nationale pour la modification consensuelle du code électoral
Ensemble, nous tournerons pacifiquement la page en 2018, ou avant…

JE SIGNE LA PETITION

Propos liminaires de Maurice KAMTO
 


Avant de commencer cette conférence de presse, je voudrais, comme la dernière fois à Yaoundé, qu’ensemble nous observions une minute de silence à la mémoire de nos frères et sœurs de la partie septentrionale de notre patrie, qui sont tombés sous les explosions des terroristes de BOKO HARAM, laissant derrière eux des familles inconsolables.

Merci !

Par la même occasion, je voudrais ici réaffirmer avec force mon soutien indéfectible et celui du MRC à nos forces de défense et de sécurité, qui se battent de façon héroïque pour préserver l'intégrité du territoire national.

Mesdames et Messieurs de la presse nationale et internationale, le 09 décembre 2015 dernier à Yaoundé, je vous avais entretenu sur la campagne « SAUVONS LA PAIX AU CAMEROUN EN EXIGEANT DES MAINTENANT LA REFORME CONSENSUELLE DU CODE ELECTORAL POUR DES ELECTIONS LIBRES, TRANSPARENTES ET DEMOCRATIQUES ».

Cette conférence de presse se tenait suite à des actes de violence perpétrés le vendredi le 04 décembre 2015 par un capitaine de Gendarmerie et ses hommes sur des militants du MRC. Cet acte intolérable est intervenu alors que nos militants distribuaient pacifiquement des flyers sur le trottoir, afin de sensibiliser les citoyens et les dirigeants du pays sur l’urgence de l’organisation d’un dialogue national en vue d’une réforme consensuelle du Code électoral.

S’il est vrai que la capitale des institutions de notre pays est Yaoundé, Douala est le baromètre par excellence de sa météo politique. C’est ce qui justifie son choix pour le lancement, ce jour, de la pétition nationale du MRC pour la modification consensuelle du code électoral.

Notre démarche et celle de nombreuses autres voix qui s’élèvent en sa faveur est suscitée par la dangerosité de la loi électorale camerounaise actuelle. En effet, cette loi est mauvaise, comme l'a montrée sa première mise à l’épreuve pendant les dernières élections sénatoriales suivies par les élections couplées législatives et municipales du 30 septembre 2013. Les nombreuses lacunes et incohérences observées dans plusieurs dispositions de cette loi avaient favorisé une inflation d’irrégularités tout au long de l’ensemble de ce processus électoral, entraînant une inflation de fraudes. Ces fraudes ont été documentées en leur temps par le MRC et communiquées au Président de la République, aux autorités gouvernementales, aux responsables d’ELECTIONS CAMEROON (ELECAM) ainsi qu’à certaines organisations internationales et pays amis du Cameroun.

En novembre 2014, lors de la 3ème Session Ordinaire de la 9ème législature de l’Assemblée Nationale, le MRC a déposé auprès de cette Chambre du Parlement, à travers son député, M. SOUOB Lazare, une proposition de loi modifiant et complétant certaines dispositions  de la loi n°2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral et ses modificatifs. Cette proposition de loi a également été déposée au Sénat. Elle n’a connu aucune suite à ce jour.

Pendant la session parlementaire de mars 2015, le MRC a une de fois plus exhorté l’auguste Parlement national à examiner cette proposition de loi, afin d'intégrer à notre Code électoral les amendements qui s’imposent, dans l’intérêt de la démocratie et de la paix si chères à notre peuple. Une fois de plus, notre appel a été ignoré. La proposition de loi du MRC n’a pas non plus été retenue lors des sessions suivantes, alors que la loi impose qu’elle soit examinée après 3 législatures.
Il convient de souligner que les réformes demandées par le MRC et plusieurs autres acteurs de la scène politique camerounaise, ainsi que la société civile, portent sur quelques dispositions seulement du Code électoral, sur lesquels les forces politiques nationales peuvent s'accorder aisément.
Nous défendons notamment :
•    l’instauration du bulletin unique,
•    les élections à deux tours,
•    la réforme d’ELECAM, en particulier de sa composition, pour y inclure les représentants des partis politiques,
•    la révision de la Constitution pour permettre le vote à 18 ans,
•    l’interdiction de la distribution des cartes d’électeur par ELECAM le jour du vote,
•    l’exigence que les PV des résultats remis aux représentants des candidats et des partis politiques dans les bureaux de vote fassent foi au même titre que l’exemplaire remis à ELECAM,
•    l’instauration du vote obligatoire au Cameroun.

Au vu de ce qui précède, vous constaterez avec nous, Mesdames et Messieurs des média, que les modifications demandées ne sont ni fantaisistes, ni déraisonnables, ni irréalisables, même dans un délai relativement court. Au demeurant, notre parti a engagé la lutte pour cette réforme du Code électoral, seul gage de paix pour les échéances électorales à venir, suffisamment tôt, dès 2013, afin que l'on n'invoque pas le manque de temps à l'approche des scrutins que le pays attend.
Force est de constater que le chef de l’Etat et le Parlement national sont restés, jusqu’à présent, indifférents à tous nos appels citoyens.

Après les brutalités dont nos militants ont été victimes aux abords de l’Assemblée nationale, le 4 décembre dernier, nous avons sollicité une rencontre avec le président national du RDPC, parti qui dirige actuellement le pays, et avec le Premier Ministre Chef du Gouvernement, au cours de laquelle nous souhaitions aborder cette importante question de la réforme consensuelle du code électoral. Notre demande est restée à ce jour sans réponse.

Chers camarades, Mesdames et Messieurs des médias, nous vous indiquions l’année passée que si le Gouvernement continuait à rester sourd à ces revendications partagées par les citoyens camerounais de tous les bords politiques, alors notre campagne de sensibilisation  prendrait d’autres formes et se poursuivrait aussi longtemps qu’une suite n’y sera pas donnée. C’est cette nouvelle phase que nous engageons aujourd’hui.

En effet, le MRC lance ce jour, à Douala et sur toute l’étendue du pays, ainsi que sur les réseaux sociaux, une campagne nationale pour la signature d'une pétition adressée à tous les Camerounais, sans considération des chapelles politiques, épris de paix et de justice; à toutes celles et tous ceux qui veulent que la désignation des dirigeants de notre pays passe par des élections libres, transparentes, sans achat des consciences, sans bourrage des urnes, débarrassées de fraudes, afin que seule triomphe la volonté du peuple camerounais. L'objectif est de recueillir le plus grand nombre possible de signatures de nos compatriotes, afin de montrer aux institutions qui dirigent le pays, que la demande de révision des textes électoraux est bien, à l'heure actuelle, l'aspiration politique majeure du peuple camerounais, qui ne veut pas de crise, ni encore moins de conflit liés aux élections. Car, il a vu où un tel conflit a conduit dans d'autres pays.

Pour tous ceux qui, comme nous au MRC, veulent mener cette lutte acharnée pour une réforme consensuelle du code électoral, je les invite à apposer leur signature sur les flyers que nos militants et sympathisants se chargeront de leur remettre.
La même Pétition est également en ligne sur Internet, pour ceux de nos compatriotes qui ne pourront pas l'avoir en version papier, ICI.

Les informations à recueillir sont simples: votre nom, votre numéro de téléphone, votre adresse email et votre signature.

En tant que Président National du MRC, je signe immédiatement la première pétition que voici. Je vous invite, vous qui êtes présents ici aujourd’hui, quel que soit votre bord politique, à en faire autant, parce qu’un code électoral consensuel n’est pas l’affaire du seul MRC, mais une question de responsabilité nationale collective. C'est en cela que notre campagne n'est pas partisane, mais républicaine; c'est l'ensemble du peuple camerounais qui est ici interpelé, parce que c'est l'avenir de la démocratie et de la paix qui est en jeu. Or, la démocratie et la paix n'ont ni parti politique, ni ethnie, ni région, ni religion; c'est en respectant les règles qui rendent possibles la démocratie et la paix que les hommes et les femmes politiques de notre pays montreront leur respect pour les Camerounais.

Je ne saurais terminer mon propos sans vous exhorter, chers acteurs du monde des média, à nous aider à sensibiliser notre vaillant peuple, afin qu’il s’approprie cette campagne républicaine, pacifique et vertueuse, pour sauver la paix par la démocratie dans notre pays.

J’invite, dans la même lancée, les populations à aller s’inscrire massivement sur les sur les listes électorales, car elles sont ouvertes depuis le mois de janvier 2016, et ne tarderons pas à être  refermées.

Nous sommes convaincus au MRC, que c’est par les urnes que le changement tant attendu par le peuple camerounais arrivera dans notre pays.

Ensemble, nous tournerons pacifiquement la page en 2018, ou avant…

Le Président National du MRC,
Maurice KAMTO.
Douala le 04 février 2016

 

SIGNEZ LA PETITION ICI