Déclaration du MRC sur l’entêtement du gouvernement à faire d’ELECAM un organe annexe du RDPC et à vouloir fausser les résultats des prochaines élections

Le mardi 24 avril 2017, le président de la République, président national du RDPC, a procédé au remplacement de certains de ses camarades politiques par d’autres au sein d’ELECAM.

Depuis sa création, ELECAM a étalé son incompétence notoire à garantir aux Camerounais des élections transparentes, libres et justes. Il est continuellement au centre de scandales de corruption, de népotisme et de luttes pour le contrôle des parts de son budget.

Malheureusement, le décret rendu public le 24 avril, par lequel son top management vient une fois de plus d’être modifié, n'est pas de nature à surmonter les nombreux handicaps de cette institution qui devrait jouer un rôle déterminant dans le fonctionnement de la démocratie dans notre pays.

La défiance des Camerounais vis-à-vis de cette institution est démontrée par des études scientifiques. Les raisons de cette défiance tiennent à son incompétence doublée de son caractère partisan.

La mobilisation des partis politiques et des organisations de la société civile pour une réforme consensuelle du Code électoral et d’ELECAM ainsi que la proposition de loi portant modification du Code électoral régulièrement déposée par le MRC sur le bureau de l’Assemblée nationale depuis novembre 2014 qui, en violation flagrante de son règlement intérieur ne l’a jamais examinée à ce jour, attestent de la forte demande sociale pour des élections enfin transparentes et justes dans notre pays, notamment en 2018.

À un an de ces scrutins dont l’enjeu pour l’avenir du pays n’aura rien à voir avec les précédents, le président de la République a, une fois de plus, fait le choix d’agir en chef de parti en remplaçant ses camarades du RDPC par d’autres. Tout ceci n’augure rien de bon pour la transparence et l’équité souhaitées pour les prochaines élections. La nomination des militants du RDPC Enow Egbe Abraham, AMOUGOU née EKOBENA Appoline Marie et leurs camarades, indique au contraire l’entêtement du chef de l'Etat à faire d’ELECAM un organe annexe du parti au pouvoir.

Le MRC rappelle à ces militants du RDPC nouvellement promus en remplacement de leurs camarades, comme à tous les autres membres d’ELECAM, militants du RDPC et autres faire-valoir appelés "membres de la société civile", que le destin d'une nation transcende le confort personnel que procure une telle nomination, et que l'histoire de notre pays et le regard de leurs familles les jugeront à la mesure de leur probité dans le service de la République. Organiser des fraudes sauvages au profit de leur parti politique au détriment de l’avenir de notre pays peut procurer une jouissance éphémère, mais réserve certainement des jours sombres de remords une fois que l'on aura quitté les lumières et les honneurs de la vie publique.

À l'ancien président du Conseil électoral d'ELECAM et ses camarades débarqués qui ont organisé avec zèle et couvert les fraudes de leur parti politique le RDPC pendant tout leur séjour à ELECAM, le MRC dit qu’ils ont manqué une occasion exceptionnelle de prouver aux Camerounais leur sens de l’État, du patriotisme et de l'honneur.

Le MRC prend à témoin l’opinion nationale et internationale du refus manifeste du président de la République d’offrir en 2018 l’opportunité aux Camerounais de participer, pour la première fois depuis des décennies, à une élection transparente,  juste et équitable. La nomination des militants RDPC à ELECAM à la veille de cette année électorale cruciale indique clairement que le régime en place fait par avance le choix de recourir, comme lors du double scrutin de septembre 2013, à des fraudes sauvages et barbares pour se maintenir au pouvoir.

Le MRC, ses militants et les Camerounais s’y opposeront pacifiquement, mais avec une détermination insoupçonnée. Le MRC rendra le président Paul BIYA et son parti, seuls responsables de ce qui adviendra en cas de dérives dans la répression de la réaction citoyenne que les partisans du maintien de l’ordre politique dominant vont certainement trouver sur leur chemin en 2018 en cas de telles fraudes électorales.

Le Cameroun est notre partie à tous!

La communication du MRC.
le 02 mai 2017

 

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